Quand Dieu sépare le bon grain

Publié le par jean


Quand il plaît à Dieu de faire entrer une âme dans
une vie plus relevée et plus parfaite, que nous appel
lerons divine, il lui redonne non pas sa première inno
cence, mais un état et un fond de grâce au moyen
duquel il reçoit une vie nouvelle et toute divine, qui n’a
plus rien des vies précédentes, lesquelles avaient tou
jours été mêlées de l’impur et de l’amour-propre qui se
trouvaient parmi le bon grain des vertus et de l’amour
de Dieu. Cette nouvelle régénération élève l’homme à
un tel degré d’excellence qu’il ne vit et n’agit plus qu’à
la façon de Dieu, duquel il est tout pénétré, d’autant
que c’est Dieu même qui, par sa grâce, opère tout en
cet homme et par cet homme, quoique tout paraisse
être fait humainement par lui. Et c’est bien le cas, Dieu
s’accommodant à la façon de l’homme, voulant seule
ment être le premier principe de sa vie et de ses actions.
Pour répondre encore à cette question : où est
l’homme qui s’est perdu en Dieu en s’abandonnant
tout à lui ? Disons qu’il est retourné en Dieu qu’il a
trouvé aussitôt qu’il a eu tout quitté et qu’il est entré
dans cette perte totale. Quiconque peut entrer dans ce
degré de confiance en la fidélité de Dieu pour se perdre
en lui, Dieu le recouvre et lui redonne, dans une plus
parfaite liberté, le centuple de soi-même et de tout ce
qu’il avait quitté de meilleur pour le suivre dans ses
voies inconnues.


Maur de l’Enfant-Jésus
Maur de l’Enfant-Jésus († 1690), disciple de Jean de Saint
Samson, fut l’un des maîtres de la réforme française du Carmel,
au xvii siècle.
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